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Les émotions en période de confinement 1/13.

Bonjour à toutes et tous, fidèles lecteurs des publications de Co’acting.

Durant cette période de confinement, nous avons décidé de vous aider à vivre mieux, malgré tous les aléas et les difficultés que nous allons rencontrer dans les prochains mois. Vous savez toute l’importance des émotions dans notre vie et de leur impact sur notre quotidien.
Pour mieux repérer les émotions à l’œuvre dans votre existence bien chahutée des dernières semaines et anticiper celles de cette dure période, pour mieux les vivre, les accepter et s’en faire des alliées, nous vous proposons une série de textes organisés à partir du livre de Jean-Yves Arrivé, président de Co’acting, paru chez Larousse en 2015 : « les 50 règles d’or pour bien gérer ses émotions ».
Retrouvez-nous chaque lundi et jeudi pour travailler sur votre vécu et mettre à profit les conseils que nous pourrons vous prodiguer.
N’hésitez pas à dialoguer avec nous à travers la messagerie Linkedin et nous tenterons de répondre également aux interrogations qui sont les vôtres.
Merci pour la confiance que vous nous accordez depuis 2002.

 

Toute l’équipe de Co’acting espère ainsi garder le lien avec vous durant les prochaines semaines et peut-être même agrandir son réseau relationnel au service du développement professionnel et personnel.

Aujourd’hui, nous vous proposons pour débuter notre travail ensemble, de vous expliquer le plus simplement possible ce que sont les émotions, comment on les perçoit au travers de nos comportements et ce qu’elles provoquent en nous et chez les autres. Après votre lecture, nous vous proposons quelques exercices pour progresser.

Qu’est-ce qu’une émotion ?
« J’ai eu une de ces peurs, je ne t’avais pas entendu rentrer », « Je me suis mise à sauter de joie »… Ces phrases simples expriment un vécu complexe. Une émotion est déclenchée par un événement, qu’il soit réellement vécu, remémoré ou même imaginé. Les manifestations physiologiques sont quasi immédiates : « J’ai eu la chair de poule », « J’avais le souffle coupé », « Je riais, je chantais, je ne pouvais plus m’arrêter ». L’impact sur le comportement n’est pas loin non plus : « Je me suis senti léger, plus rien ne pouvait m’atteindre », « Je suis resté prostré pendant de longues minutes », « Il m’a bien fallu dix minutes pour reprendre mon souffle ».

Le déclenchement de l’émotion est rapide, sa durée limitée. Pour autant, il est difficile d’en prévoir les manifestations, car elles varient, parfois beaucoup, d’une personne à l’autre.
Schématiquement, une émotion est déclenchée par un stimulus, une perception sensorielle qui peut être concrète ou générée par une pensée. La réponse organique est immédiate. L’homme est avant tout un animal. Depuis des siècles, il est programmé physiologiquement pour faire face à des dangers réels ou supposés : il attaque, il se replie et se protège. C’est alors toute une mécanique biologique qui se met en route : accélération du rythme cardiaque et de la transpiration, dilatation des pupilles, ralentissement du cycle digestif, sécrétion d’hormones spécifiques… lorsque l’émotion est stimulante. Une émotion apaisante pourra engendrer des réactions inverses. Ce sont les systèmes sympathique et parasympathique qui agissent sous le contrôle de notre cerveau, plus précisément de notre système nerveux central.

Mais l’homme est aussi un être qui s’inscrit dans une culture. Si les émotions sont universelles, les manières de les manifester varient selon que l’on est un homme ou une femme, Asiatique, Africain ou Européens… Nous sommes tous concernés par les mécanismes émotionnels, mais nos réponses comportementales varient en fonction de notre culture, de nos représentations, de nos croyances. Réprimer ses réactions émotionnelles est bien souvent négatif et fréquemment le résultat de commandements stéréotypés : « Tu es grand, tu ne dois plus avoir peur », « Une fille est plus sensible qu’un garçon, elle pleure plus souvent »… Les éducateurs ont tendance à renforcer des comportements culturellement modélisés, incitant les individus à tenter de bloquer des mécanismes émotionnels qui sont d’ores et déjà enclenchés. Cela met l’enfant, puis indirectement, l’adulte que nous sommes devenu, face à un dilemme insoluble : répondre à l’attente des parents ou laisser s’exprimer les mécanismes neurophysiologiques de notre organisme.

De quelles émotions parle-t-on ?
Il est assez facile de repérer les quatre émotions reconnues par les chercheurs comme émotions de base : la colère, la peur, la tristesse et la joie.
La colère : qu’elle se manifeste chez le nourrisson ou chez l’adulte, elle peut être intense, bruyante. C’est la réponse à un refus ou à un sentiment d’agression, d’injustice. Elle peut durer quelques minutes, mais parfois beaucoup plus. Vous avez appris à la contrôler, à limiter vos comportements agressifs.
La peur : elle a jalonné votre vie enfantine : peur d’être abandonné, peur du noir, d’un chien, d’une personne en particulier… Au fil du temps, vous avez « domestiqué » ces peurs, mais il n’est pas impossible qu’un certain nombre d’entre elles restent tapies dans l’ombre et réactivent des comportements qui peuvent sembler irrationnels.
La tristesse : une mauvaise nouvelle, un échec personnel, l’éloignement ou la perte d’un être cher sont autant de situations déclencheuses. La tristesse est nécessaire, car elle est une étape du processus d’acceptation, de deuil. Cet espace transitionnel vous permet d’intégrer le changement.
La joie : c’est une émotion positive qu’il nous faut sans cesse cultiver, même si ce n’est pas forcément inscrite dans notre culture. C’est la réponse à une situation d’amour, de complicité, d’échange, de réalisation de soi, de sentiment d’appartenance à un groupe… Pourriez-vous vous remémorer la dernière fois où vous l’avez vécue ? À ces émotions de base sont parfois ajoutés la honte et le dégoût. On parle alors plutôt d’« émotions secondaires » ou d’« émotions mixtes » : la honte est un mélange de peur et de colère non exprimées et plutôt retournées contre soi.

Que nous dit le langage du corps ?
La colère s’accompagne d’une sécrétion massive d’adrénaline permettant le passage à l’action. Le visage devient rouge, la respiration s’accélère, la tension artérielle s’élève.
La peur dirige prioritairement le sang vers les muscles moteurs, ce qui explique la pâleur du visage. Notre corps est placé en état d’alerte générale.
Le sourire qui accompagne la joie est spécifique : un muscle qui entoure l’œil (l’orbiculaire) se contracte et les sourcils s’abaissent.
Durant la tristesse, les sourcils sont en position « oblique », les commissures des lèvres s’abaissent, la personne est plus tassée, ses gestes pesants.
Le dégoût s’accompagne d’une grimace universelle, même si ce qui dégoûte varie selon la culture : les vers grillés qui craquent sous la dent ravissent les Thaïs mais font fuir les Européens ! (et ne parlons pas de la chauve-souris dont sont friands certains habitants du centre de la Chine, causant ainsi involontairement la catastrophe sanitaire que nous vivons aujourd’hui.)

Au travail :
Identifiez les émotions qui se sont imposées ces dernières semaines. Qu’est-ce cela provoque en vous ? Quels comportements cela a-t-il entraîné ? Quels en sont les conséquences positives ? négatives ? Notez toutes les informations sur votre tableau d’observation personnel pour déterminer ensuite votre plan d’action…

 

Rendez-vous jeudi prochain ! Bon courage d’ici

Jean-Yves Arrivé

  • Fondateur et Président de Co-acting
  • Membre accrédité titulaire de la Société Française de Coaching (SFCoach), membre du C.A. de l’association de 1999 à 2012.
  • Auteur de plusieurs ouvrages sur le coaching, les émotions, la formation et le développement des compétences.
  • Enseignant durant 15 ans à Paris X, Paris XIII, au Celsa. Psychologue  et titulaire d’un 3ème cycle RH.
  • Formé à l’Analyse Systémique, la Gestalt et l’Analyse Transactionnelle.
  • Consultant et Praticien certifié ECPA : Golden, Bar’on, SOSIE, Tryptique, PFPI, Hexa3D, Talent Zoom, QCE, …

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