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Les émotions en période de confinement 6/13.

Bonjour. Déjà notre sixième rendez-vous. Et un choc auquel vous vous étiez plus ou moins préparés. Depuis quelques jours, nous avons débuté le deuxième mois de confinement. C’est le moment de travailler sur une autre émotion de base, la tristesse, d’en identifier les contours et d’en voir aussi les côtés utiles !

Une mauvaise nouvelle comme celles dont nous sommes submergés en ce moment, l’éloignement d’un proche, voire la perte d’un être cher sont autant de situations déclencheuses. La tristesse est nécessaire, car elle est une étape du processus d’acceptation, de deuil. Cet espace transitionnel vous permet d’intégrer le changement. Acceptez cette étape nécessaire pour pouvoir rebondir ensuite.

Souvenez-vous : une émotion ne dure pas. La sensation de tristesse qui monte et qui va durer quelques jours après un événement difficile doit décroitre régulièrement. Il ne faut pas en revanche la confondre avec la dépression, qui conduit au désintérêt complet pour toutes les activités qui auparavant vous plaisaient. La dépression doit être diagnostiquée et soignée car elle ne disparait pas d’elle-même. Elle suppose un traitement médical si elle est bien installée et un accompagnement de type psychothérapeutique dans un certain nombre de cas.

La tristesse est la traduction d’une perte, d’un échec, mais elle est un mécanisme d’adaptation. Durant cette période, vous allez recevoir le soutien de vos proches, de votre famille, d’amis chers. Ils ont en général tendance à réagir à votre mal-être par un soutien, une présence forte, des encouragements. Sachez, sans vous laisser envahir ou infantiliser, accepter cette aide, vous appuyer sur cet amour qui vous est donné. Il ne s’agit pas d’oublier comme par magie ce qui vous a plongé dans cet état, mais de relativiser, imaginer de nouveaux objectifs, vous appuyer sur vos valeurs.
Voici quelques situations qui pourraient vous parler :

1. Mon conjoint est souffrant ; certains symptômes sont communs au Covid 19 et il vient d’être hospitalisé. Je suis effondré, je ne suis plus capable de faire même de simples tâches quotidiennes.
2. Mon fils de 12 ans habituellement très prévenant avec moi, câlin, s’enferme dans sa chambre, ne me répond que par monosyllabes et ne manifeste plus aucun intérêt pour la vie familiale.
3. Je devais partir rejoindre la fille que j’aime en province en mars dernier et débuter dans une entreprise de la région. J’ai l’impression que tout s’écroule et que notre relation va en souffrir.

Comment pourrait-on dans ces cas-là, passer le cap de cette période de tristesse nécessaire ?

1. Cette brutale séparation est traumatisante. La tristesse et la peur sont combinées. On ressent un sentiment d’injustice, d’impuissance, voire de culpabilité (ai-je pris assez de précautions, comme je sors à l’extérieur, je pourrais l’avoir contaminé ?). Laissez parler l’émotion, libérez les larmes, donnez-vous un temps de repos. N’essayez pas de réagir en agissant comme pour nier le réel. Votre inquiétude est légitime, mais évaluez progressivement la situation. Votre conjoint n’a que 50 ans, il est sportif et en bonne santé. Il a aussi pu être en contact avec des personnes contaminées. Nombre de gens dans son cas guérissent rapidement. Soyez patient et sachez être disponible dès qu’un contact téléphonique sera possible. Pensez à ce que vous pourrez faire avec lui lorsque cette sale période sera derrière vous.

2. Votre fils est à un âge où les évolutions comportementales sont parfois rapides. Le confinement est peut-être une occasion pour lui de prendre une distance dont il a besoin pour son propre développement. En fait, cela vous renvoie probablement à une crainte de perte de relation, à la sensation de devenir inutile, voire d’être rejeté. C’est une première lecture qui se discute. Laissez-le profiter de l’autonomie qu’il est en train d’acquérir. Permettez lui d’évoluer. Adressez-vous à lui naturellement et ne vous méprenez pas sur ses réactions. Son comportement évolue, mais cela ne veut pas dire que son amour pour vous disparaît. A chaque étape de la vie, et selon la personnalité, la manière d’exprimer qu’on aime change également. Elle est peut-être moins visible, mais le sentiment peut rester intact.
3. La crainte de la perte, du rejet, de l’abandon est classique, qui plus est au début d’une relation. Essayez de voir les côtés positifs de la situation. Vous vous parlez chaque jour, vous vous écrivez, donc ce n’est pas si mal ! La relation peut continuer à vivre sur un mode moins passionnel et c’est un bon moyen d’en constater la solidité. Une séparation physique de deux mois n’est pas un problème insurmontable. Et l’activité de l’entreprise qui vous embauche étant réduite, le poste sera là à la fin de la crise sanitaire.

Au travail :

1. Repérez les situations de tristesse que vous vivez en ce moment.
2. Travaillez-les de manière rationnelle, comme dans les exemples ci-dessus.
3. Appliquez-vous à identifier les bénéfices de ces situations, ce qu’elles vous apprennent sur vous et sur votre relation à l’autre.

Retrouvons-nous la prochaine fois pour aborder les comportements liés à la joie. C’est le moment de valoriser cette belle émotion et de la faire partager à vos proches. D’ici là, … bon courage !

Jean-Yves Arrivé

  • Fondateur et Président de Co-acting
  • Membre accrédité titulaire de la Société Française de Coaching (SFCoach), membre du C.A. de l’association de 1999 à 2012.
  • Auteur de plusieurs ouvrages sur le coaching, les émotions, la formation et le développement des compétences.
  • Enseignant durant 15 ans à Paris X, Paris XIII, au Celsa. Psychologue  et titulaire d’un 3ème cycle RH.
  • Formé à l’Analyse Systémique, la Gestalt et l’Analyse Transactionnelle.
  • Consultant et Praticien certifié ECPA : Golden, Bar’on, SOSIE, Tryptique, PFPI, Hexa3D, Talent Zoom, QCE, …

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