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Les émotions en période de confinement 5/13.

Bonjour. Déjà notre cinquième rendez-vous ! La période de confinement avance. Et du coup, au fur et à mesure qu’avance l’échéance du déconfinement, la peur peut s’installer. Explorons-en les contours et voyons comment l’apaiser.

Il y a bien sûr toute une hiérarchie de sensations : depuis la légère inquiétude, en passant par la crainte et en allant jusqu’à l’angoisse, la terreur… La peur est comme toutes les émotions, un réflexe normal et il n’y a pas en avoir honte. Au contraire, il faut pouvoir en parler, l’extérioriser en dépassant les clichés (un garçon, un homme n’a pas peur et autres sornettes de ce genre).

Hé oui, je n’hésite pas à me répéter : il est normal d’avoir peur, et c’est même nécessaire ! Cette émotion vous alerte sur un danger, sur un risque. C’est une réaction courante face à l’inconnu, qui permet d’anticiper ce qui va venir et éventuellement de s’y préparer.

La peur donne l’alerte à tout notre organisme, qui se prépare à donner la réponse la plus appropriée : se protéger en restant immobile, fuir, aller chercher de l’aide, attaquer… Il est important de ne pas cacher cette peur, de la laisser s’exprimer et de la verbaliser après l’événement.

Dans notre culture, la peur est souvent mal perçue, et cela s’exprime dans les injonctions parentales dès la petite enfance. Les adultes ont tendance à ne pas accueillir positivement les peurs enfantines, avec de bonnes intentions certes, pour aider l’enfant « à grandir ». Mais, malheureusement, les résultats sont rarement positifs. L’enfant se retrouve face à un dilemme : continuer à exprimer ses craintes et perdre l’estime de son entourage, ou essayer de cacher ce qu’il ressent !

Le risque est de cristalliser ces peurs qui demeureront chez la personne devenue adulte, mais de manière plus ou moins inconsciente. Il est préférable de les accepter, d’accompagner l’enfant pour lui permettre de constater par lui-même que ses craintes ne sont pas fondées et de l’aider ainsi à dépasser ce type de situation à son rythme.

Si vous ressentez encore des peurs et qu’elles vous inhibent, qu’elles vous dérangent dans votre vie quotidienne, n’hésitez pas à vous en ouvrir à une personne de confiance dans votre entourage, voire même à un psychologue qui pourra vous aider, par un travail approprié, à les dépasser. En parler, c’est déjà aller mieux !

Dans cette période où l’on entrevoit pourtant des pistes positives pour imaginer la fin du confinement, les peurs peuvent tout d’un coup ressurgir de manière violente.

1. Avec la réduction de nos ressources financières, on ne va plus pouvoir s’en sortir, on va dégringoler, c’est catastrophique.
2. Et si le virus repartait, et si une seconde épidémie venait nous cueillir à peine aurions-nous recommencé à sortir ?

3. On avait retrouvé un équilibre familial mais ensuite tout va repartir comme avant !

 

Voyons maintenant, pour ces trois exemples, comment travailler sur les peurs irrationnelles :

1. Oui, ça sera une période un peu difficile, mais on peut renégocier le paiement des loyers, des grosses factures. Et puis on a vu pendant le confinement qu’on peut se passer de certaines choses : sorties, restaurants, donc on ira progressivement et on réduira les dépenses non essentielles. Et puis il y aura probablement des aides, des allègements de charges. Et sinon, hé bien tant pis, on trainera quelques dettes et on verra bien. On ne sera pas les seuls !
2. Vous n’allez pas passer du confinement à la vie normale. Tout sera progressif. Il vous faudra des masques, les gestes barrière persisteront. Grâce aux tests, vous saurez qui dans la famille a été en contact avec le virus et immunisé. Il faudra protéger plus ceux qui ne l’ont pas été. Vous passerez encore pas mal de temps à la maison, une fois les activités professionnelles et les temps scolaires passés !

3. Et si on se retrouvait en famille pour en parler ? Comment chacun a-t-il vécu la période ? Qu’a-t-on aimé ? Qu’est-ce qu’on pourrait garder une fois le confinement terminé : la répartition des rôles à la maison, une soirée jeux de société par semaine, un déjeuner de discussion ensemble ? La fin du confinement sera progressive, donc nos modes de vie pourront aussi s’adapter progressivement et on gardera tout le positif de ce que nous avons vécu.

 

Au travail :

1. Listez vos craintes, vos peurs, vos inquiétudes.
2. Travaillez-les de manière rationnelle, comme dans l’exemple ci-dessus.
3. Parlez-en avec votre entourage familial, tranquillement, et sans imposer vos points de vue. Soyez à l’écoute, et décidez ensemble !

 

Retrouvons-nous la prochaine fois pour aborder les comportements liés à la tristesse. Nous allons vous proposer là encore d’en réduire l’intensité, en vous appuyant sur votre environnement. D’ici là, … bon confinement.

Jean-Yves Arrivé

  • Fondateur et Président de Co-acting
  • Membre accrédité titulaire de la Société Française de Coaching (SFCoach), membre du C.A. de l’association de 1999 à 2012.
  • Auteur de plusieurs ouvrages sur le coaching, les émotions, la formation et le développement des compétences.
  • Enseignant durant 15 ans à Paris X, Paris XIII, au Celsa. Psychologue  et titulaire d’un 3ème cycle RH.
  • Formé à l’Analyse Systémique, la Gestalt et l’Analyse Transactionnelle.
  • Consultant et Praticien certifié ECPA : Golden, Bar’on, SOSIE, Tryptique, PFPI, Hexa3D, Talent Zoom, QCE, …

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